Les prix parfois élevés du vintage

On peut parfois voir des jeans de seconde main à des prix plus élevés que des produits neufs. Je parle par exemple des Levi’s à plus de 100 euros. Cela pousse à s’interroger si les prix pratiqués sont justifiés et si cela n’est pas mauvais pour la planète : le but de la friperie c’est aussi d’avoir accès à des produits moins cher, sans polluer. Ces prix élevés semblent donc aller à contre-courant de l’objectif initial de la friperie.

Je vous propose de commencer avec une comparaison avec les montres. Certaines montres vintages valent aujourd’hui des petites fortunes et peuvent être plus chères que lors de leur vente à l’état neuf. Et pour une montre on comprend aisément ce phénomène : beaucoup de modèles sont produits en petites quantités et une fois la production terminée, le seul moyen de trouver un certain modèle neuf est d’attendre une réédition. Réédition qui peut ne rester que l’ombre de la montre originale.

Et bien pour les vêtements c’est la même chose, même si on assiste parfois à des exceptions : les baskets liddl récemment ou bien les sneakers en général qui peuvent atteindre des prix exorbitants. A ce stade – vous me voyez venir – on peut remarquer deux choses : les jeans Levi’s n’atteignent que rarement des prix exorbitants et ce phénomène ne touche pas les marques de fast-fashion. Premièrement pour les marques de fast-fashion cela s’explique de manière très simple : les produits ne sont pas assez solides pour atteindre le stade de la revente dans un bon état (sauf quand un vêtement est vendu parce qu’il n’est pas à la bonne taille par exemple, et il est toujours moins cher qu’en magasin dans ce cas) et parce qu’il ne prend quasiment jamais de valeur avec le temps. En ce qui concerne les jeans Levi’s, ils n’atteignent que rarement des prix plus élevés que 130/140 euros car il y a tout de même beaucoup d’offre sur le marché. Et comme pour tout marché, les Jeans Levi’s obéissent à la loi de l’offre et de la demande.

Je vous laisse libre d’attribuer l’invention de cette loi à votre économiste favori.

 

Un objet à part entière

Étant donné que l’on parle de marché, cela nous pousse évidemment à nous demander ce qu’est une paire de jeans vintage. Est-ce une version d’occasion d’un produit neuf, ici une paire de Levi’s ou bien un objet à part entière ?

Pour le cas d’une paire de jeans Levi’s – évidemment ce n’est que mon avis et le débat est ouvert, je serais ravi d’en débattre avec vous d’ailleurs – une paire vintage devient évidemment dans certains cas un objet à part entière. Comme pour certaines montres, on ne retrouvera pas aujourd’hui des jeans Levi’s d’aussi bonne qualité que ceux produits aux États-Unis au siècle dernier. Ils ont donc des caractéristiques – qualité de la toile, de l’assemblage, la patine accumulée avec le temps, etc. – que vous ne retrouverez pas sur des jeans produits récemment. J’en profite pour parler d’un prochain article : est-ce qu’on ne peut faire confiance qu’aux paire de jeans made in USA ? A mon avis non, mais on aura l’occasion d’en reparler !

En ce qui concerne les vêtements d’occasion des grandes enseignes de fast fashion, par contre, ces objets ne deviennent pas des objets à part entière – encore une fois, à mon humble avis simplement – mais des versions d’occasion d’objet neufs ; la plupart du temps en tout cas. Leur valeur est donc vouée à converger vers 0 et, sur le long terme, l’achat de ce type de vêtement n’est pas forcément rentable si vous souhaitez changer de garde-robe régulièrement.

 

Le marché du vintage

Certains vêtements entrent donc sur un marché que l’on pourrait définir comme des vêtements de plus de trois ans, ayant été portés et devenant des objets à part entière. Bien sûr il existe bien d’autre manières de conceptualiser les différents sous-marchés du prêt-à-porter. Les prix sur ces marchés sont donc définis par l’offre – la quantité disponible de pièces similaires mettons – et la demande – le nombre de personnes prêtes à dépenser une certaine somme d’argent pour ces produits. Je ne suis pas économiste et je ne m’aventurerais pas dans une définition plus complexe...

Ainsi en tant qu’objets à part entière, leur prix peuvent donc être décorrélés du marché du neuf, surtout si leurs caractéristiques sont parfois plus intéressantes que du neuf, encore une fois pour certains Levi’s par exemple.

Une fois que l’on a dit cela, on peut se demander si c’est une bonne chose d’avoir un marché du vintage avec des prix pouvant dépasser les prix des marchés des vêtements neufs, par rapport à la démarche de consommer de la friperie. Je vous proposerai mon raisonnement dans un prochain article, mais il faudra d’abord parler de la démarche de la friperie en elle-même.

 

 

En attendant, je serais très heureux de débattre de ce sujet avec vous, et une excellente année à tous ceux à qui je n’ai pas encore eu l’occasion de le souhaiter !

 

A bientôt,

Lucas

Laissez un commentaire